La vidéo dématérialisée : la libération du support
Dans les années 80, on était fières d’avoir un magnétoscope qui enregistrait avec une piètre qualité les émissions qui passaient sur une des 6 chaines disponibles. Le comble du luxe était d’acheter en exclusivité une cassette pré-enregistrée ou d’avoir prématurément un film qui était passé il y a peu au cinéma.
On peut dire qu’à cette époque le chemin à parcourir était long. On nous a proposé la cassette, le CD vidéo puis le DVD. Outre les barrières géographiques imposées par la distance des marchés, il fallait faire face au zonage imposé par les majors, constructeurs et distributeurs.
Cette époque est revolue. Le consommateur commence à faire abstraction du contenant pour se concentrer sur le contenu. Le DVD a été un véritable hold up. Mais avec le blue-ray et l’HD-DvD, la guerre n’est pas gagné.
De l’autre côté, le monde de la musique a subit un raz de marée. Les vendeurs de disques en plastique se sont aperçus que les consommateurs s’interressaient plus à la musique qu’à son support. Le CD a fait chou gras mais le consommateur a préféré un format de moins bonne qualité (MP3) pour plus de liberté.
Plutôt que de rattrapper le consommateur, les majors ont tapés dessus. Le pire, c’est qu’il a fallu qu’un constructeur d’ordinateur comme Apple leur montre comment il fallait vendre de la musique. Il était certes un peu tard mais si le consommateur avait pris l’habitude, les pertes ne seraient pas aussi grandes.
J’ai découvert le MP3 en 95 et il a fallut 10 ans pour qu’un pan entier d’une économie s’effondre. Il a fallut autant de temps car la technologie et les réseaux devait se répandre. Le MP3 a même agit comme un catalyseur car les FAIs mettaient honteusement le pillage du patrmoine musical en avant dans leur publicité.
Depuis quelques années, le haut débit est répandu et s’améliore considérablement. L’épée de damoclès est maintenant au dessus du cinéma voire de la télévision.
On imagine que les grands du cinéma ont vu à quel point leurs copains de la musique avaient soufferts et qu’on ne les prendrais pas. Et bien non, ils se précipitent sur de nouveaux supports et freinent sur le développement de la Video On Demand : véritable alternative au téléchargement sauvage. Ils sont fous!
Je regarde beaucoup de films mais j’en achète peu. J’aime l’offre Canal Play présente sur Free. Je regrette seulement que le catalogue ne soit pas plus à jour. Pour améliorer cela, il y a quelques temps, les majors avaient la possibilité de modifier le cycle de vie d’un film. Le cycle est actuellement le suivant : cinéma, location, DvD, VoD, diffusion télé. Il était question de positionner la VoD avant la location. Je suis même partisan de n’avoir que Cinéma, VoD puis DvD (ou tout autre support physique) voire même aucun support physique.
Je m’explique. Un DvD coûte 20 euros dans la première année de sa vie. La VoD coûte 4/5 euros (et encore c’est cher car ce n’est que le début). Il faut donc regarder le film 5 fois pour que le DvD soit amorti. Vous allez me dire que le DvD peut en fin de vie se trouver à 5 euros mais en fin de vie, ce même film est à 1 euro en location. Et comme vous ne pouvez pas le prêter, tout le monde s’y retrouve.
Donc, plutôt que de télécharger des DivX je suis persuadé que le consommateur peut consommer de la VoD (même si il ne le sait pas encore). Tout ce qu’il faut, c’est lui en donner l’occasion!